14 avril 2012

ma plus belle histoire d'amour...



C'est ce petit ange blond qui s'est niché en moi et a ouvert ses yeux sur le monde il y a huit ans tout rond!

Et en ces huit années il a traversé plus d'épreuves que certains en toute une vie. Il les a traversé avec un courage et une maturité peu communs.

On t'a cousu la bouche, mis des manchons aux bras, plâtré, attellé les pieds, emmené chez le kiné, l'orthophoniste, l'orthodontiste, l'orl, le psy, les chirurgiens, les radio, et autres examens. On t'a demandé d'être sage à l'école, de te brosser les dents le soir, de faire des devoirs... On t'a demandé d'ignorer les quolibets...
Et tu as relevé tous ces défis mon Cédric! Huit ans, mon dieu huit ans! Et toute la sagesse du monde dans les yeux, toute l’espièglerie aussi... Tu trouve encore le temps d'être un enfant, de t'amuser, de provoquer, de bavarder, et de rêver...

Avant de te découvrir, je t'ai imaginé sous cent aspects, mais jamais je n'aurai cru que tu serai si parfait, jamais je n'avais rêvé d'être choisie par le plus merveilleux des petits garçons...

Mon Cédric, c'est un honneur d'être ta maman...


Joyeux anniversaire mon amour!


20 novembre 2011

un peu, beaucoup, passionnément... trop.




A côté de la plaque je suis. Du plus loin qu'il m'en souvienne. Le mot qui tombe à côté, le rire qui sonne trop fort, les copines pas plus belles mais qui ont bien plus de succès.
Enfermée dans mon corps, j'avais souvent ce sentiment déconcertant de n'être qu'une paire d'yeux qui regarde et ne sait que faire de ces informations.
J'ai grandit, j'ai mûrit, j'ai appris, un peu, quoi faire en quelles cironstances. Je sais parfois fermer ma bouche, et parfois non. Parfois après avoir ruminé des heures ou des jours ce que je pensais devoir faire, je lâche les vannes et j'agis comme un torrent en crue.
Trop, ou rien.

"Vous êtes là mais vous n'êtes pas là." "vous êtes à côté, comme si vous attentiez quelque chose." "vos réactions sont inappropriées, excessives." "vous êtes tronquée d'une partie de vous même." "dépossédée."

Tronquée.

Quand cela a-t-il commencé?

Ce jour où toute petite maman m'a expliqué qu'on allait déménager dans un graaaaand immeuble? Où je me rappelle avoir imaginé toute la famille transportant une gigantesque tour à bouts de bras? Les nuits qui se sont succédées à appeler sans trêve mon amie Isabelle restée là bas dans notre village, avec papa?
Je ne crois pas.
A cette époque, je pouvais encore prononcer sans gène et sans rougir, le mot "papa" comme toutes les autres petites filles.
Papa était peut être même un peu plus présent pour moi, il venait nous chercher, je savais quand, je savais combien de temps. Il était terrifiant et incompréhensible, mais il était là.

Non, la cassure a eu lieu quelques années plus tard. C'était un samedi midi. Je rentrais de l'école. Papa était au salon avec maman, Jean Yves, mes soeurs. "Va dans ta chambre!" "pourquoi?" "Tes soeurs sont entrain de décider si vous n'allez plus voir votre père, je suppose que tu ne veux pas assister à ça!"
J'ai filé dans ma chambre sans demander mon reste. J'allais sur mes 9 ans.
De ce jour je suis devenue la fille qu'on choisissait en dernier pour faire les équipes. La fille un peu bizarre. La fille à côté de la plaque. La fille un peu trop ou un peu pas assez.
j'étais plus populaire avant ça, malgré mes allergies multiples, mes verrues partout sur les mains, mon énurésie, mon nez toujours enrhumé. Je fédérais l'attention. Tout le monde était mon ami. Les adultes m'appréciaient.

Longtemps je n'ai pas compris. Tous mes symptômes psychosomatiques avaient disparu. C'était la bonne décision qui avait été prise, qui m'avait écartée du danger.
Sans moi.
Je ne comprends pas bien encore le mécanisme qui a entrainé cette catastrophe. Mettre des mots, donner un sens, à un mal être, une incompréhension et une mésestime de soi vieille de dizaines d'années, c'est très difficile. Très douloureux. Très triste en fait, surtout.

J'ai l'impression d'un gros gâchis, l'impression d'avoir dépossédée.

Bien sûr ça ne se résume pas seulement à ça. J'ai été aussi sauvée, en tous cas écartée du danger. Il n'y avait pas tellement d'autre solution face à quelqu'un de maltraitant et incapable de se contrôler.
Alors je suis restée sur ça. C'est normal et le mieux à faire. Et jamais je ne me suis autorisée à pleurer la perte de mon père. J'ai écouté avec envie les autres filles qui disaient "papa" en pensant tout bas "je n'ai plus le droit de dire ça." Je n'avais pas de père à pleurer au ciel. Je n'avais pas de père à aimer ou détester. J'avais un gros trou béant sur lequel j'avais mis mon mouchoir, pour continuer à avancer.

Et j'ai 31 ans, et toujours ce trou béant. Je n'ai pas évolué. Du moins pas pour tout, et pas correctement. Et ceux qui m'aiment me diront pleine de qualité. Mais moi je sais, j'ai des mots maintenant à mettre sur ce malaise, sur cette impression d'être inadaptée. Je me suis parfois à moi même prononcée le mot "handicapée". L'impression qu'un truc ne fonctionnait pas bien dans mon cerveau et m'empêchait à tout jamais d'être adaptée au monde qui m'entourait.

Ca va peut être en choquer quelques uns. D'autres diront que j'exagère ou que je force le trait. Ca fait quand même du bien de pouvoir mettre des mots, des images, une certaine logique sur ce mal. D'être capable de le qualifier et d'en parler.
Ado j'ai pensé très sincèrement que j'étais juste folle à lier. Puis en grandissant, confusément victime d'un traumatisme passé. Je m'étais dit que quoi que je fasse certaines blessures étaient inguérissables, que j'étais comme amputée de mes sentiments et de ma volontée.

Ma psy est dure. Professionnelle dira-t-on. Elle ne me ménage pas. Ou ce que j'entends est à la fois si juste, si inattendu, et si douloureux à entendre que cela me parait violent.
Elle m'offre une lueur de compréhension mais aussi d'espoir. A chaque problème sa solution.
J'en tremble devant le travail à accomplir et toutes ces choses accumulées pour combler la brèche, que je dois déblayer à présent. j'en crève de trouille et je ne comprends pas pourquoi j'ai si peur. J'ai jamais eu vraiment peur d'avancer. J'ai toujours pris les choses à bras le corps. Et là je suis pétrifiée alors que je devrais être enthousiasmée de savoir qu'il y a un chemin qui me ramènera à moi même...

Il va me falloir retourner loin en arrière et me réapproprier un à un les souvenirs dont je me suis dépossédée. J'ai peur car chacun d'entre eux me fait mal maintenant, alors que j'étais insensible jusque là. Chaque chose réappropriée rouvre en même temps une blessure, un manque.

Il n'y a pas grand chose à répondre à ça je le sais bien. Ca fait juste du bien de le dire quelque part...

22 septembre 2011

J'pète les plombs! J'pé j'pé j'péte les plombs!

Alors d'accord y'a l'écoute active. Y'a la résolution de problèmes. Y'a tout un tas de méthodes testées et approuvées qui fonctionnent avec les enfants et nous empêchent en principe d'arriver à ce fameux "pétage de plomb" vous savez? Celui qui nous voit transformées en maman hystériques, où vous arrivez à cet état de transe, où vous vous voyez agir, hurler comme une démente, et où la colère s'auto-alimente et que même le regard médusé de vos enfants devant leur folle de mère n'arrive pas à vous arrêter...


MAIS PUTAIN BORDEL DE DIEU CA FAIT DU BIEN QUAND CA SORT!!!!


Je l'avais pressenti, d'abord. Mais difficile d'expliquer ça sans passer pour la fille défaitiste, la mère indigne qui ne croit pas en son lardon.
Ca a été la petite pierre qui roule et qui n'amasse pas mousse mais provoque l'éboulement.
Mon fils, mon lardon, ma chair de ma chair, mon neurone manquant. Je vais pas vous mentir en faisant genre que j'étais pas la plus fière, la plus extatique des mamans quand son instit de CE1 m'a dit comme ça "non mais je parle de ses capacités" alors qu'elle m'interrogeait sur une éventuelle visite chez la psychologue scolaire, où j'avais renchéri sur son comportement un peu "olé olé" en classe.
Noooon, ça ne lui posait pas de problème à la maîtresse le comportement de Cédric. Elle balayait d'un haussement d'épaules mes tentatives d'explications en disant "non mais ça c'est pas important je gère". Ce qu'elle ne gérait pas, c'était de voir un élève s'ennuyer ferme en classe. Ah ça non!
Alors elle m'a dit comme ça "vous en pensez quoi vous, d'un saut de classe?" heuuu je n'en pense heu... le plus grand bien! "Ben je sais pas moi heu, c'est vous la professionnelle" répondis-je très lâchement et très hypocritement alors que la partie, je ne sais pas laquelle en fait, mais une partie de mon cerveau sautillait sur place en criant "oui! oui! oui! ho lala la claaaaasse!"
Mais tout de suite après, voir même en même temps, une autre partie de mon cerveau (il a plein de parties mon cerveau), la grosse partie grisatre et sombre là, la rabat-joie, se mise à trembler et à envoyer des signaux à mon ventre pour qu'il se contracte de trouille.
Cette partie là me disait "non non! et si ça marchait pas!" Et elle a parlé plus fort quand la maîtresse a dit "mais il faudra qu'il se montre plus sage et plus attentif s'il passe un niveau au dessus!" et là quelque chose en moi, je l'avoue, j'ai honte, mais c'est vrai, m'a dit "c'est foutu ma vieille. Pas 5 minutes il va y rester en CE2 si c'est à ces conditions.

Mais quand même j'ai tenté d'y croire parce que malgré cette grosse partie grisâtre dans ma boite crânienne, je m'efforce d'être une fondamentale optimiste. Je me suis dit atteeeeend c'est LA solution à la plupart des enfants en avance qui s'ennuie et font le bazar. Quand on leur donne des trucs plus durs à faire ils ne pensent plus à faire n'importe nawak!

Oui mais je le connais le lardon. D'abord quoi qu'on en dise, ce n'est pas un enfant précoce, ou surdoué, ou je ne sais quoi. C'est... autre chose... Je ne sais pas s'il existe un mot pour les enfants comme Cédric.
Il pige très vite. Il peut être d'une maturité quand il s'agit de choses importante, qui m'étonne la première. Mais d'un autre côté il échappe totalement aux règles et aux contraintes. Ca lui passe au-dessus, et il ne voit aucun, aucun intérêt même avec une carotte grosse comme la tour eiffel, à se plier dans le rang. Il va toujours faire précisément le truc qu'il ne faut pas faire au moment où il ne faut pas le faire. Ca lui passe par la tête comme ça, et il est incapable d'expliquer ensuite pourquoi il agit comme ça.
Ca le dépasse autant que moi si vous voulez mon avis.

Alors bon, le CE2 je le sentait moyen. Mais j'avais envie d'y croire.

Et quand le 2e jour, l'instit de CE2 m'a dit qu'elle était navrée mais que ça n'allait pas le faire, qu'il a amplement les capacités de rester dans sa classe mais que s'il ne se plie pas un minimum aux consigne il va être largué, j'ai ressenti tout le poids du désespoir d'une maman qui ne sait pas quel carte tirer de sa manche pour trouver une solution. Le poids de la culpabilité aussi.
On se repasse le film en boucle en se disant "à quel moment j'ai loupé un truc dans son éducation? Qu'est ce que j'ai pas fait? Qu'est ce que j'ai trop fait? Et des trucs qu'on a pas fait/trop fait on en trouve plein et on se fustige et en même temps on est en colère contre cet enfant qui pinaille et qui veut pas être du même modèle que tout le monde.

Ouais ouais je sais y'a pas de modèle en vrai mais vous avez toutes ressenti ça à un moment ou l'autre non?

Alors je repars la tête basse tout en m'efforçant de la garder haute, de l'école, expliquant au lardon que c'est pas bien grave, et que la maîtresse a donné encore une chance, en essayant même plus d'y croire mais en se concentrant pour ne pas faire passer d'émotion négative à son cher bambin. Et là y'a la numéro deux là. Vous savez la petite furie qui pense du haut de ses deux ans qu'elle est comme Amélie Nothomb, Dieu. Que le monde est un vaste terrain de jeu sans lois ni règles, qu'elle explore quand elle en a envie, si elle en a envie.
La lardonne là elle a du capter un truc qui se passait et elle a du se dire, c'est à moi de porter le coup de grâce pour lui ouvrir les yeux à mon aveugle de mère! Je vais la pousser à bout, la faire exploser comme un bouchon de champagne trop secoué!

Et la vla ma p'tite mère qui se carapate en courant et en riant, sur ses petites jambes si agiles et si lestes que je n'essaie plus depuis un moment déjà de la rattraper quand elle se sauve.

Non, j'essaie plus. Et j'essaie plus pas mal de choses en fait à vrai dire. Et c'est en la regardant courir que je repense à mes dernières séances de thérapie, à cette esquisse de moi que la psy a commencé à dresser, qui se révèle dans mon esprit comme l'image d'une fille passive, d'une fille qui a si peur de se tromper, d'être mauvaise et contagieuse, d'une fille qui a depuis si longtemps laissé son destin entre les mains des autres, qu'elle n'ose plus agir.

Et avec mes enfants je n'agis pas non plus. J'observe, je tempête quand ils me semblent aller trop loin, mais je n'agis pas au quotidien. J'attends la faute pour la montrer. Je n'Eduque pas pour de vrai.

Et pourtant dieu sait que je trime pour essayer de faire bien, de comprendre, de prendre les bonnes décisions. Et ils sont là les deux monstres à faire exactement tout le contraire de ce que je veux, et la colère enfle en moi et je rentre à la maison et je me met à hurler comme une démente, à crier et à pleurer, à les abreuver de reproches et surtout à exprimer mon désarroi tout d'abord. Après quoi le flot de paroles sort de lui même. Je met à exprimer ce que j'attends de mes enfants, tout en réalisant que je n'ai jamais exprimé ces choses aussi essentielles. Et je leur dit que les choses vont changer à partir de maintenant, foi de truissia!
Et je sors les grands moyens, on se croirait dans un épisode de super nanny! Ils sont assis, ils me regardent avec des yeux de merlan frits, et là je déploie LA FEUILLE et LE STYLO et je me met à écrire des règles et même à tracer un TABLEAU avec des malus et des bonus et des carottes et des bâtons.

Et je me sens mieux, et les choses sont soudain plus claires dans ma tête. Et malgré l'émoi suscité par ma colère, je vois que c'est aussi plus clair dans la tête des mes chers bambins.

Depuis, à la maison, les choses sont soudainement plus simples. J'en réfère au tableau des règles, et grand lardon obtempère sans presque parlementer.
Petite lardonne, quant à elle, me tend sa menotte dans la rue quand je dis "on a dit qu'à partir de maintenant tu donne la main à maman quand on est dehors", et de m'agripper dans ses petits doigts et de sautiller gaiment!
Jusque là mes tentatives de "donnage de main" s'étaient soldés par des roulages par terre, la méthode du spaghetti trop mou, et les hurlements déchirants.

Alors non, mais non! Je ne prône pas la technique du "pétage de plomb" comme un outil éducatif. Mais parfois, nos propres blocages, nos propres mécanismes enclenchés depuis longtemps déjà, ont besoin d'électrochocs pour sortir de leurs rouages.

Ce jour là l'électrochoc ça a été "mon fils va rater une chance d'être bien à l'école parce que moi, sa mère, je l'empêche de parvenir à se fier aux règles."
C'est peut être pas vrai, c'est peut être me donner trop d'importance, mais je ne crois pas.

Demain, c'est le dernier jour d'essai. On verra...!

21 juillet 2011

Greffe osseuse au pays des bisounours!


Je croyais que je ne le trouverai jamais, ce pays des bisounours!

Je l'avais vu à la télé, je l'avais vu dans des écrits de mamans sur des forums, mais moi je n'y avais jamais été.

Moi quand j'emmenais mon lardon à l'hôpital, j'étais plutôt dans le cauchemar d'Alice, à la poursuite du chapelier fou...

Mais ce 21 juin 2011, j'ai poussé la porte du pays des merveilles, illustré plutôt dans les couloirs du service de chirurgie maxilio faciale par les beaux textes et images du petit prince partout sur les murs.

Au pays des bisounours, la chambre de Cédric s'appelait "aviateur". Dans ce pays merveilleux, on nous avait fait visiter le service, les chambres, les salles de soins, de jeux, et tout expliqué dans les moindre détails avant l'hospitalisation.
Dans ce pays magique, les infirmières ne courraient pas dans tous les sens. Elles étaient suffisamment nombreuses pour ne pas être agressives ni exténuées. Elles nous souriaient quand nous passions, appelaient les patients par leurs prénoms, avaient toujours un mot gentil, une petite blague pour faire sourire les petits.
Du service administratif aux employées qui vidaient les poubelles, tout le monde était gentil, tout le monde souriait, tout le monde prenait le temps de parler tout en faisant son travail avec efficacité.
A bisounoursland, la chambre aviateur était la plus belle chambre du service. Nichée dans l'angle du bâtiment, elle bénéficiait de 4 grandes fenêtres qui offraient une belle luminosité, de l'espace pour ne pas se sentir enfermé. Une télé avec son lecteur DVD. Une commode pour ranger ses affaires. Un frigo dans la table de nuit. Assez de sièges et de fauteuils pour accueillir les visiteurs. Une chauffeuse se déployant en vrai lit de camp pour que papa ou maman puisse dormir aussi. Et une belle salle de bains attenante rien que pour nous avec douche, lavabo et WC!
A bisounoursland, les infirmières bisounours avaient des tas de techniques pour s'assurer que les enfants ne souffraient pas. Des frises avec des visages, ou des chiffres, ou des couleurs. Les petits patients étaient vivement encouragés à dire s'ils souffraient.
A bisounoursland, tout était prévu pour l'alimentation des petits opérés. On leur demandait leurs parfums préférés et ce qu'ils ne voulaient surtout pas manger. On leur mixait la nourriture en potages ou en purées. On s'efforçait de disposer les plats de manière attrayante et appétissante. On s'assurait que tout allait...
A bisounoursland, le chef des bisounours venait en personne CHAQUE JOUR visiter ses patients. Il expliquait tout ce qu'il faisait. Et surtout il ECOUTAIT! Et même il s'asseyait sur le fauteuil pour prendre tout son temps. Il demandait des avis, donnait le sien, échangeait sur tous les sujets qu'on voulait aborder.
A bisounoursland, même l'anesthésiste venait expliquer son métier. Nous avons appris des choses qu'en 7 opérations nous n'avions jamais soupçonnées!
A bisounoursland, les parents sont cordialement invités à accompagner leur enfant au bloc, et à être présent à son arrivée en salle de réveil, tout le temps nécessaire.

A bisounoursland nous n'avons jamais été inquiets. Les 6 jours ont filé comme des comètes dans le firmament du petit prince. On nous a parlé, sourit, on ne nous a pas dérangé la nuit.

A bisounoursland, Cédric n'a pas souffert. Le seul moment difficile a été les longues minutes en salle de réveil, le temps de retrouver ses esprits et de doser les antidouleurs. Il ne s'est pas ennuyé, maman non plus! Les visites n'avaient pas d'horaires et ne dérangeaient pas.

A bisounoursland le chef des bisounours a fait tout le service pour chercher pour maman la clé wep pour utiliser le wifi! Si si!


Hélas bisounoursland va bientôt fermer ses portes. Service public et trou de la sécu obligent. Le gentil chef bisounours et tous ses amis vont déménager à Necker où, nous a-t-il rassuré, il s'efforcera de créer le même climat avec plus de capacités.

Nous avons bien mérité je crois, de trouver enfin la porte du pays magique où des bisounours aux doigts de fée rafistolent nos petits que la nature a abîmés. Nous en avons rencontrés des patients bisounours, avec des pathologies parfois très très lourdes...
Cédric est ressorti du pays enchanté, ravi de montrer à tout le monde sa cicatrice à la hanche, assorti d'un sourire encore plus beau qu'avant!

La greffe n'a pas fini de cicatriser, et un vilain coup de pied de Camillette l'embête un peu pour se terminer, mais tout devrait bientôt rentrer dans l'ordre, et on ne finira jamais de remercier de tout coeur le Pr Picard et son armée de bisounours, dans le service du Pr Vasquez à l'hôpital Trousseau.

Parce que j'ai envie...

Oui je sais je vous l'ai déjà faite celle là!

Je viens comme ça après moults mois d'absence, je fais mon méa culpa, je jure mais un peu tard et patati et patata... et puis je disparait comme je suis venue.

Bon, ok. Je promet pas que ça va être différent cette fois. D'ailleurs après tout ce temps il n'y a surement plus personne pour lire mes pitoyables promesses. Mais j'ai envie de poster un billet, alors je le poste.
A tous va, à tous vents...

Que dire que dire?

Que les enfants vont bien. Que Cédric a été opéré au mois de juin, se remet tranquilement pas tout à fait bien mais ça va venir...
Que Camille a franchis le cap fatidique des 2 ans et me rend chèvre.

Que Jérémie se taille sa place dans son nouvel emploi, est félicité pour son efficacité et a déjà obtenu une promotion.

Je suis fière de mes amours, de ma famille.

De moi, pas trop.

J'ai pas grand chose à dire pour ma défense, votre honneur... et ça va pas très fort en fait depuis mon dernier billet.

Voilà voilà.

Je vais m'atteler maintenant à un petit récit de l'hospitalisation de Cédric qui, une fois n'est pas coutûme, s'est très bien passée, alors ça mérite qu'on le dise, ou du moins qu'on l'écrive!

A très vite cher... cher quoi au fait?

19 octobre 2010

Au revoir, mon amie...

Parce que je ne peux pas ne pas écrire sur elle, parce que le temps passe sans que la peine s'allège, parce que je ne peux pas reculer éternellement...

Je dois dire ici aurevoir à Catherine.

La laisser s'en aller.

J'ai du mal encore à accepter, je dois dire. Comme si ça changeait quelque chose à la réalité...
Elle est partie.
Partie.
Plus là.
Plus de rires, plus son sourire. Plus son regard bleu perçant. Plus ses si longs cheveux blonds. Plus la canule qui modifiait sa voix. Plus son oreille attentive. Plus ses mots pertinent et impertinents. Plus sa complicité avec Cédric. Plus de "tata connerie". Plus de froncements de sourcils quand elle faisait manger ses chiens à table. Plus de promenade au château en poussant le fauteuil. Plus son numéro à appeler pour échanger des nouvelles, ragoter, raconter nos malheurs. Plus ces petits secrets rien qu'à nous. Plus ses cadeaux à gogo pour les enfants. Plus cette générosité exubérante et discrète à la fois. Plus cette souffrance silencieuse, tapie au coin de ses yeux. Plus ce changement d'humeur qui annonçait sa limite physique. Plus cette raideur qui la gagnait toujours plus. Plus cette peur de l'avenir : que va-t-il se passer? Plus peur de la contaminer avec nos microbes.
Plus de tata Catherine. Plus ma belle soeur. Plus mon amie...

Tu me manque Catherine, tu me manque tellement, tu me manque tous les jours... Tous les jours je pense à toi... Tous les jours j'ai envie de pousser des cris de désespoirs parce que je ne peux plus composer ton numéro sur mon portable pour te dire toutes ces choses que je n'ai pas eu le temps de te dire.

J'ai sur le coeur ce gros poids, cette grosse peine, cette grosse semaine moi sans toi et toi sans moi, où j'aurai voulu, où j'aurai dû être là pour te tenir la main, te réconforter, t'accompagner dans la douleur, même si tu n'étais plus dans la réalité. Ma Catherine si petite sous cette énorme peur, cette énorme douleur, cette énorme maladie qui t'écrasait sans te laisser aucune chance. Ma Catherine si grande dans ta dignité, ta gentillesse, ta maturité face aux épreuves. Tu m'as tellement appris, tellement donné, tellement apporté. Tellement partagé.
Je sais bien, je SAIS que tu n'aurai pas voulu que je te vois comme ça. Qu'il n'y avait rien de pire au monde pour toi, rien, qu'un regard apitoyé, que la preuve de ta faiblesse et de ta souffrance. Je sais que ce n'est pas forcément ce que tu aurai voulu. Mais je sais que tu en aurai eu besoin. Et je sais aussi ce lien entre nous, je sais que tu aurai accepté ma main tendue si je te l'avais tendue. Si j'avais su qu'il ne restait plus de temps. Si j'avais su que l'urgence n'était plus de te préserver de nos microbes, mais de t'accompagner, de ne pas te laisser seule et terrifiée dans cet hôpital.

Je n'ai rien pu faire. C'était trop tard. Le téléphone a sonné, et c'était fini. Et une semaine après encore seulement, je ne pouvais plus reculer pour te dire aurevoir. Te voir une dernière fois. Constater ce que mon esprit refusait d'admettre. C'était bien toi, ton corps, ton visage. C'étaient un corps et un visage morts. Tu étais partie. Et c'était injuste et dégueulasse. La vie n'avait pas le droit de te faire tout ce qu'elle t'a fait. Elle n'avait pas le droit de t'emporter de cette façon là...
J'en suis toujours à la colère. Je sais, il paraît que ça passera. Qu'ensuite je ne serai plus que triste. Je le suis déjà infiniment. La vie a perdu sa saveur, ses couleurs, son sens. Ca sers à quoi sans toi, dis moi?
Alors oui, la vie continue. On va continuer d'avancer un pied devant l'autre, et de construire des choses, des projets, de sourire et de rire, d'aimer nos enfants, et on fleurira ta tombe... Mais rien ne sera plus jamais comme avant maintenant.

J'espère qu'il existe un lieu, un temps, où l'on se retrouvera. Où je pourrai t'étreindre une dernière fois, te donner tout l'amour que je te porte et qui me fait mal chaque jours qui passe.

13 août 2010

Mon fils, ma vie...


Aujourd'hui, après bien des mois de silence, j'ai envie de vous parler de mon fils.

Vous le connaissez un peu, certains le connaissent même très bien, j'ai parfois même l'impression d'être celle qui le connaît le moins...

Je le regarde grandir, avancer son chemin, je le vois trébucher très souvent, trop souvent, avec cette certitude implacable que je suis la pierre qui bloque sans cesse ses pas. Je le regarde en restant effarée, parfois j'ai l'impression que le temps est resté figé depuis ce jour, le jour où l'on m'a annoncé ses malformations. J'ai souvent décrit ce moment comme un coup de massue, comme si j'avais été assommée. Certains jour j'ai l'impression de n'avoir jamais tout à fait émergé. Pas que je ne réagisse pas, mais comme si une part de moi attendait de se réveiller, comme on se réveille d'un mauvais rêve.
Certains soir je l'avoue, je me couche en priant que son fardeau s'allège, comme si quelqu'un quelque part pouvait décider "allez, il en a assez bavé, on va passer la balle à quelqu'un d'autre"...

Mon grand Cédric, mon beau Cédric, mon courageux petit garçon. Et comme c'est moi qui me sens si petite parfois quand je le regarde avancer. Il a déjà en lui toute la sagesse du monde, en ces instants immobiles où je l'ai regardé partir dans on grand lit tout blanc, ses yeux fixés sur moi. Et même quand il se montre espiègle, quand il "régresse", quand il fait des bêtises, j'ai toujours l'impression qu'il ne fait que jouer au petit, comme pour nous rassurer "je suis un vrai petit garçon."

J'entends les leçons, les conseils des uns et des autres, la compréhension, la compassion de mes amis et proches. Souvent en les écoutant je me sens tellement en décalage, je ne me dis pas "ils ne comprennent rien", je me dit seulement que je voudrais penser comme eux, voir comme eux, que ce soit si simple...

Il y a des choses qui m'embrouillent et qui m'aveuglent. Des choses tellement profondes et compliquées... Mon histoire, mon éternelle culpabilité.
Je regarde mon petit garçon comme je le regardait bébé. Ma 7e merveille du monde que je n'osais pas toucher. Par peur de le briser. Le sentiment profond, accablant, que tout ce que je pourrais lui donner serait mauvais.

Pourtant mon petit amour, c'est contre moi qu'il s'appuie, à moi qu'il dit ces choses qu'il ne dit à personne, sur mes genoux que sa peine s'apaise, que dans un simple souffle je sens parfois tout le soulagement du monde que seule une maman peut apporter. Je me nourris de ces instants en faisant de mon mieux pour ne rien chercher d'autres, pour ne pas réfléchir, juste saisir le moment.

Depuis tout petit je sens une force en lui, que toutes mes erreurs de maman n'empêcheront jamais de le pousser vers l'avant. Il va son chemin, tellement certain, lui, contrairement à moi, de savoir où il va.
Je voudrais tellement, parfois, que ce soit moins difficile! Le temps ne rend pas les choses plus simple. Il nous use, il nous fatigue simplement. Chaque hôpital différent, chaque service visité, chaque professionnel consulté, chaque mot, chaque silence, des espoirs mais surtout des doutes, et surtout des questions éludées, non entendues, non prises en compte. Des formules à prononcer, magiques, qui ouvrent des portes ou les gardes scellées. C'est ainsi qu'on tâtonne dans le monde médical, dans le monde du savoir, où l'on est "rien que des parents", des parents ignorants, mais connaissant leur enfant.

J'ai bien conscience qu'il ne sers à rien de pleurer sur son sort, bien conscience aussi de notre chance qu'il n'ait "que ça", qu'il y a bien pire, et qu'on vit dans un des pays où il sera le mieux pris en charge. Mais notre vie quotidienne est la notre, pas celle des autres, nos soucis, si petits soient-ils au regard des autres, sont ceux que l'on affronte chaque jour sans pouvoir se reposer sur personne d'autre.

J'ai simplement peur de tout ce qu'il aura encore à traverser. Peur que l'armure que je me forge chaque jour pour être la plus forte possible pour lui, ne résiste pas à l'épreuve du temps. Peur de ne pas trouver les mots quand il le faudra, quand il le faut. Mon garçon si bavard, mais si silencieux quand il s'agit de ses blessures profondes. Mon garçon que je bouscule sans arrêt, pour qu'il reste dans le moule où j'aurai voulu le fabriquer.

Ce n'est pas facile, et j'aimerai bien ne pas être trop jugée. Arrêter moi même de trop me juger. De me fustiger trop souvent de ne pas être aussi parfaite que je le voudrais pour lui. Accepter d'être seulement humaine, et que cela suffise à son bonheur. Accepter que je n'ai pas besoin des autres pour bien faire, qu'ils ne sont pas à ma place, que mes décisions et mes choix ne sont pas forcément mauvais.

Quoi qu'il en soit c'est la lumière de ma vie, j'avais rêvé pour lui, c'est vrai, autre chose que ce parcours du combattant, mais le petit garçon dont j'avais rêvé avant de le rencontrer, était loin, bien loin d'égaler ce que je découvre chaque jour de mon fils. Je n'ai pas besoin d'analyses, de chiffres, de médecins pour me dire ce qu'il me montre de son coeur, de son esprit, son intelligence et sa générosité, sa sensibilité et sa force, son courage et sa ténacité.

Mon Cédric je suis fière, si fière de toi!

21 mars 2010

Echoooooo!

Y'a kékuuuuuun?

Ah ben c'est tout moi ça : faire fuir tout le monde et pleurnicher ensuite que je suis toute seule!

Ce matin je me suis levée en me disant : un peu de nerfs, Truiss! Il faut te reprendre en main!

Alors voilà ça fait partie des trucs qu'il fallait que je fasse aujourd'hui : écrire un billet sur mon blog!

Ca va pas forcément être reluisant parce qu'avec deux lardons à la maison c'est difficile de se concentrer, et quand j'y arrive enfin y'en a forcément une qui se réveille ou un qui a fait une connerie! Bé oui, c'est ça le quotidien de maman!

Le babycook cooke la machine à laver et le lave vaisselle lavent, la puce dort et le grand regarde un dessin animé... tout va bien quoi!

Alors sinon, quoi de neuf en cette année 2010? Des enfants qui grandissent, et une truie qui grandit aussi! D'ailleurs c'est décidé : en Septembre je retourne à l'école! Voilà qui m'inspirera surement des tas de billets rigolos (ho ho ho), parce qu'il faut être honnête, si je n'écris plus beaucoup ici c'est qu'il n'y a rien de franchement poilant quand on passe la serpillère, qu'on remplit le lave vaisselle ou qu'on change la couche de lardonnette!

Cela dit je ne suis pas amère hein! Je suis très contente de mon sort, et j'adore m'occuper de mes enfants et de mon intérieur (haem, bon, d'accord, joker pour l'intérieur!), je suis une mémère au foyer é-pa-nou-ie! M'enfin quand même, des fois, c'est un peu "vide" il faut bien le dire... Je commence à avoir envie de m'oxygéner, de déscotcher ma fille de mes nénés, de faire un peu autre chose!

D'ailleurs choupinette a commencé la halte garderie, ça ne se passe pas trop mal, un peu quand même quand elle se rappelle que je ne suis pas là, mais l'un dans l'autre c'est plutôt positif : elle ne pleure pas quand je la laisse, bien au contraire! Joue, dort, dîne, et arrive à retrouver le sourire après un chagrin sans que les puer ne soient obligées de m'appeler à la rescousse...

Moi je passe mon test psychotechnique d'admission aux études d'auxiliaire de puériculture Mercredi 31 Mars, ayez une pensée pour moi, chers lecteurs, ça va pas être de la tarte! Mais je vous raconterai bien entendu!

Grand lardon court joyeusement vers ses 6 ans, toujours un amour de petit garçon et toujours très turbulent à l'école! Nous avons rendez vous Vendredi pour explorer la piste de la précocité. Je ne suis pas convaincue, mais pas réfractaire non plus... ce qui me plait c'est que la psy que j'ai contacté a bien saisi notre démarche et aidera Cédric quel que soit le résultat de son test de QI donc ça me va!
Côté médical, 2010 est l'année des changements!

D'abord on a changé d'orl après une séance catastrophique au cours de laquelle Cédric a eu mal, a pleuré, et s'est fait incendier par le doc qui niait totalement sa douleur et le menaçait d'hôpital! Très intelligent face à un enfant qui a trois opérations de prévues dans l'année! Bref, nous sommes allés voir un confrère bien plus gentil et humain, nous sommes très soulagés! A dire vrai j'avais presque envie de l'embrasser ce gentil monsieur qui a pris le temps d'écouter longuement mon lardon en début de séance et de bien tout lui expliquer. En tous cas c'est notre priorité du moment, ses oreilles, car c'est un peu la cata et son audition est en jeu.
Ensuite, j'ai appris par hasard en repointant mon nez par une impulsion bienvenue sur le forum des flp que le chirurgien qui suit Cédric pour sa fente depuis sa naissance était brusquement parti en retraite sans prévenir personne! Nous l'avions vu moins de deux mois avant et il ne nous avait parlé de rien! Un coup de fil à Debré m'a confirmé l'information "oui oui, on viens de l'apprendre aussi, on a rien prévu encore pour les patients" alors là bravo, ça mérite une salve d'applaudissements!
Sachant que la dernière visite au chir du pied s'est soldée par une engueulade en règle entre chéri et le chir, nous songions également à chercher une autre équipe d'orthopédie.

J'attend donc un rendez vous à Trousseau pour la bouche, et je dois contacter saint vincent de Paul pour le pied...

Même pas peur!

Plutôt soulagée en fait, je n'imagine pas que l'ambiance puisse être pire qu'à Debré de toutes façons, et je suis contente d'avoir pu prendre ça en main. L'hôpital et les équipes nous avaient été imposées à la naissance de Cédric, on ne nous a pas laissé le choix. C'est rassurant de pouvoir le faire, même 6 ans après.

Volà pour les nouvelles fraiches, cher lecteur... j'espère que ça me motivera pour me remettre à poster!

Gros poutoux!

12 novembre 2009

Liste de Noyel

il faut bien se lancer aussi!

Je suis gentille, j'ai fait les magasins et j'ai RIEN acheté pour mes petits, pour vous laisser des idées à vous! hihi! Ah si, j'ai pris pour Camille, la poupée Camille de ouaps, sauf que j'ai trouvé la seule où c'était pas écrit "Camille" dessus, mais bon c'est pas grave...

DONC!

Voilà des idées :

Pour Camillette :

le cale bébé éveil et jeux



que vous trouverez ici pour 40€ : http://www.eveiletjeux.com/Produit-202931/Cale-bebe-a-activites.htm#

OU

le "cosy seat" de la marque cotoons qui est sensiblement au même prix mais que vous trouverez peut être moins cher en fouinant sur le net



toujours dans la catégorie siège bébé, j'aime bien le concept du "Bumbo" de Red Castle (décidément cette marque fait vraiment des produits ingénieux!)

je trouve le prix neuf un peu excessif pour la durée d'utilisation si vous choisissez ce cadeau n'hésitez pas à le prendre d'occasion sur ebay ou leboncoin...




j'aime aussi ce jouet d'activité toujours sur éveil et jeux :



ici pour 27€ http://www.eveiletjeux.com/Produit-202928/Vache-d-activites.htm

sinon, des jouets d'éveil, hochets, toupie à appuyer, etc... la marque "ouaps" a une game sympa de jouets de ce type.

En vêtements, vous pouvez tabler sur le 12 mois (printemps) ou le 18 mois (été), faites vous plaisir :) j'adore la collection "hello kitty" chez H&M


Pour Cédricou :


Maman lui prend de Kapla donc ça c'est déjà pris ;)

Je pensais pour lui à des LEGO, il n'en a pas du tout donc vous pouvez vous lâcher librement, soit des petites boites à thème, soit le baril qui n'est pas très cher...

Evitez les playmobil il en a déjà plein

Des accessoires pour son circuit Brio (il m'en réclamme) il a déjà toute la gamme "network" (cf image ci dessous), et aussi le circuit "rail et route" avec ses accessoires...



Tablez plutôt sur des tunnels, des gares, ponts, etc...

Il lui manque aussi un garage pour ses voitures... choisissez le peu encombrant au sol, en hauteur ça ne me dérange pas, mais qu'il ne prenne pas trop de surface... et choisissez le SOLIDE! Il y en a tout une game chez "majorette"...

Des livres aussi pour son leappad (le grand), il a déjà "musique, maestro" niveau 2 et "la nature"... il voudrait un autre livre sur la musique (celui qu'il a parle de l'histoire de la musique) qui lui permette de jouer des sons, ou alors la geographie, les maths, la lecture...

Sinon il aime aussi la game "ben 10", il aime jouer aux espions et les jeux de construction.

24 octobre 2009

Docteur chéri...

Il y a souvent des moments dans ma vie où je me demande si j'ai quelque chose de différent des autres sur le visage. Je veux dire on est tous différents hein, mais pourquoi y'a des trucs qui ne m'arrivent qu'à moi et pas aux autres?

Docteur Chéri, comme l'appelle Cédric, c'est notre médecin de famille, celui qui nous suis depuis qu'on est installés chez nous, depuis 8 ans donc. Babeth me demande souvent pourquoi j'ai choisi ce médecin là et pas un autre, alors qu'il y en a plein dans le quartier.
Au départ, j'ai choisi Docteur Chéri parce qu'il était le seul à faire tous les jours des consultations sans rdv... en plus de ça, il est pas vilain du tout, même plutôt mignon sauf qu'il le cache bien en général. Autre atout indéniable, Docteur Chéri sait rougir à la demande. Il suffit de lui dire : "bonjour Docteur Chéri, vous allez bien? Vous avez une petite mine aujourd'hui!" et hop, voilà mon docteur préféré qui pique un fard et se met à bredouiller. C'est pas courant des médecins comme ça, alors quand on en a un on le garde!
Le fait est que Docteur Chéri semble particulièrement incompétent. Pourtant je sais que dans son fort intérieur se cache un super héros qui ne demande qu'à se révéler, derrière des couches de manque de confiance en soi... A vrai dire, je pense sincèrement qu'il n'est pas plus incompétent qu'un autre, sauf que lui ne fait pas semblant de l'être et est tout à fait capable de vous dire "je ne sais pas." D'ailleurs c'est sa phrase préférée avec "je suis embêté." En général il se fait le petit plaisir de combiner les deux en disant : "ah. Je suis embêté. Je ne sais pas ce que vous avez." Il est trop mignon Docteur Chéri. Je suis sure qu'il dit ça par altruisme, pour me laisser lui souffler les réponses et me donner l'impression que je ne suis pas si crétine.
Vous en connaissez beaucoup vous des docteurs comme ça? Moi non. Il est rare qu'ils vous écoutent, encore plus qu'il vous laissent donner votre avis sur votre diagnostic. Pourtant on est quand même les mieux placés pour savoir.
Cela dit je ne suis pas maso. Si, un peu. Mais avec ma santé, non! Docteur Chéri me soigne. Il fait un peu peur comme ça quand il dit en rougissant qu'il est embêté et qu'il sait pas, et qu'il débat avec vous du pour et du contre entre rhino ou pharyngite, entre otite séreuse ou infectieuse, entre varicelle ou boutons de moustiques, mais il me donne toujours les bons medocs... "je ne sais pas ce que vous avez, mais ça, ça va vous soigner."
Docteur Chéri m'a appris à comprendre la médecine, à la démystifier, il m'a réconciliée avec l'idée du soin.
Bref, moi je l'aime bien mon Docteur Chéri qui sais pas et qui rougit.
Ca me change des docteurs Dupied mal aimable qui en 15min bi-annuelle de consult vous parle 14min du trou de la sécu et de comment vous le creusez. Delabouche cynique et imbu de lui même, qui vous menace de ne pas sédater votre bébé quand il l'opèrera (en trouvant l'idée très drôle, et tout son staff de petit toutous trouvent ça très drôle aussi), que les patients n'ont pas à comprendre ce qu'on leur fait, puisque de toutes façons ils sont trop bêtes pour comprendre. Deloreille qui trouve toujours un prétexte pour vous engueuler et vous faire mal. Deladent qui vous reçoit dans un cabinet tellement luxueux que vous n'osez pas vous asseoir, ne vous décroche pas un mot, fait faire une empreinte de vos dents par son assistante et vous demande 150€. Delatête qui pense que vous recevoir en retard et vous libérer trop tôt fait partie de la thérapie, et qu'il faut souffrir pour guérir. Bref, tous ces médecins très compétents qui vous donnent pourtant souvent l'impression de vous faire plus de mal que de bien.
Alors moi, quand j'ai un petit bobo, j'aime bien aller voir le docteur Chéri, pleurnicher que ça fait mal ci, et que ça fait mal là, que ça grattouille ici et que ça toussote là. Docteur Chéri il m'écoute, il est embêté, il prend mon nez qui coule au sérieu. il me regarde et il me parle, il trouve que mon avis est pertinent. Tellement pertinent que...

Début Octobre, visite des 4 mois de Camillette. J'aime bien Docteur Chéri mais je suis allée quand même la veille la mesurer à la PMI parce que j'étais un peu dubitative des mesures prises avec un mètre de couturière par mon Docteur préféré. A la PMI ils ont une vraie toise allongée, bien plus fiable. Sauf que la dame elle déplie pas les jambes de bébé et qu'il perd 2cm par mois... Finalement il est pas si mal le mètre de couturière de Docteur Chéri.
Quand mon médecin libère son patient précédent, je croise un personnage qui me fait hausser les sourcil : déguenillé, sale, visiblement imbibé d'alcool. Je le laisse sortir et entre dans le cabinet en jetant un regard interrogateur à Docteur Chéri. Bien mal m'en a pris.
"Ah!" Soupire Docteur Chéri en regardant dehors s'éloigner son patient. Docteur Chéri a le cheveu en bataille, la barbe pas rasé, il est efflanqué et sa chemise et fatiguée, tout comme lui.
"Ah!" Répète-t-il et je ne peux m'empêcher de lui faire un sourire engageant... Autant qu'il vide son sac tout de suite qu'on puisse passer à autre chose après. En fénéral je fais ça avec le Docteur Chéri, ça l'aide à se concentrer. Je lui demande comment il va, s'il n'est pas trop fatigué, si ses patients ne l'embêtent pas trop, si la pluie n'est pas trop mouillée, toussa toussa... Une fois que tout cela est dit on peut passer aux choses sérieuses.
"Je suis embêté." Me dit mon docteur. Ah? Mais j'ai rien dit encore!
"Ce patient me pose un vrai cas de conscience!" Ben merde! Ca me fait une drôle d'impression de l'entendre dire ça et j'ai déjà une petite alarme qui clignote dans ma tête. Est ce qu'un médecin parle de ses cas de conscience avec ses patients?
"Il va vraiment pas bien..." Docteur Chéri secoue la tête et moi j'essaie tout à coup d'avoir l'air moins engageante, je ne suis pas sure que cette discussion soit très à propos, je ne sais pas pourquoi!
"Il est foutu à mon avis!" ah ouiiii? que je répond d'une petite voix perplexe. Mais pourquoi il est entrain de me parler de ça, enfin! J'ai envie d'agiter les mains devant son visage en disant "youhou Docteur Chéri je suis une patiente, vous ne devez pas parler de ça avec moi! Vous devez juste regarder ma petite puce et vous extasier sur comment qu'elle est belle, et tonique, et éveillée! Et parler de moi moi moi!"
Mais non! Il continue, le bougre! "Je ne sais pas quoi faire. Normalement je suis sensé le faire hospitaliser de force vous comprenez?" heuuuu je sais pas moi! "Il ne veut pas se faire soigner?" que je demande. "Non, il ne veut pas, il est traumatisé par les hôpitaux, il ne veut plus y retourner." "Mais, ça le soignerai, une hospitalisation?" "Non, ça ne changerai rien. Je lui donne pfff même pas quelques mois" Mééééé je veux pas savoir ça moi! Je viens pour ma petite fille chérie tout petite et lui me parle de mourant en phase terminale! Non non non c'est pas comme ça que ça doit se passer la consult! Je dois dire 2 ou 3 trucs marrants pour que Docteur Chéri rougisse, Camille doit faire pipi sur la table d'auscultation en lui agrippant le doigt dans sa petite main, et Docteur Chéri doit me dire "mais non mais non c'est pas grave" en rougissant, et me parler de ses enfants avec un oeil ému. Il ne doit pas me parler de la mort maintenant!!!
Je me tâte. Est ce que je change de sujet au risque de paraître totalement grossière genre "ah oui, c'est dommage hein, et sinon vous partez en vacances à la Toussaint?" Non, je ne me vois pas trop dire ça. Alors je me dit que plus vite il aura résolu son problème et plus vite ma Camillette ira marquer son territoire dans la salle d'auscultation et lui hurler dans les oreilles quand il fera les vaccins.
"Hmm. Si l'hôpital ne lui apporte rien et qu'en plus il y est très mal à l'aise, ce serait dommage qu'il vive ses derniers jours dans un climat angoissant, peut être qu'il faut le laisser libre de choisir comment il passera les dernières semaines de sa vie. S'il souffre trop et change d'avis, il saura surement que faire."
"Oui, oui, vous avez raison. C'est ce que je vais faire!" huuuuu comment j'aime pas cette idée du tout, je suis pas médecin moi! C'est pas à moi de dire ça! "Il va beaucoup souffrir quand même, ça m'embête." hé oui, c'est bien embêtant tout ça, bon, on y va dans la salle d'auscult oui ou crotte? Je dis en rigolant et en me dirigeant discretos dans l'arrière sale "Au pire vous pourriez abréger ses souffrances, hein, comme ça vous ne vous posez plus de questions!"
Soupir. "Oui, je pourrais ptet faire ça!" Je me retourne, alarmée "Mais non enfin Docteur je rigolais! Vous savez, c'est pas très très légal de faire ça hein? Allons, vous ne devriez pas dire des choses pareilles surtout devant une patiente hein?" Docteur Chéri toussote et rigole dans sa barbe, mais il a toujours le regard lointain et triste.
Roh ben merde, on a pas fini!
Re-soupir. Quoi encore??? "Ah. Vous savez, des fois je me demande si je ne devrais pas arrêter d'exercer." Qu'il dit en passant son stétoscope autour de son cou. Il le teste, le tapote "vous voyez, même mon stétoscope ne veut plus travailler." "Mais enfin Docteur! Qu'est ce que vous racontez-là! Voyons! Vous faites un beau métier hein! Et par les temps qui courent, la crise, toussa! Allons allons!" On va l'ausculter oui ma poupée nom d'une truie??
"Oui, vous avez raison." Soupir. "Je devrais pas me plaindre, je gagne bien ma vie à côté de beaucoup de gens. Mais vous savez c'est beaucoup de travail..."
"Oui, oui Docteur, vous le méritez amplement votre salaire, c'est normal d'être fatigué avec toutes les heures que vous faites. Vous devriez peut être prendre des vacances, ça vous ferai du bien!" Et si vous méritiez votre salaire en faisant ses vaccins à ma fille, au passage, ça m'arrangerait aussi... "Oui c'est vrai vous avez raison je dois avoir besoin de vacances." Gros soupir.
Tout en parlant, Docteur Chéri ausculte distraitement Camillette qui, vexée de n'être pas considérée que ça, refuse et de faire pipi sur la table, et de brailler pendant ses vaccins. Décidément, tout fous l'camp ma bonne dame!
Pendant ce temps, mon médecin continue... "Dans quoi je pourrais bien me recycler, de toutes façons. Je sais pas ce que je pourrais faire d'autre, moi, je ne sais rien faire d'autre..."
"Mais non, enfin, Docteur, ne dites pas ça, vous n'avez pas besoin de vous recycler, vous êtes un bon médecin! Vous savez, j'aime bien venir chez vous, il y a plein d'autres médecins dans le quartier mais c'est chez vous que je vais parce que vous êtes un bon médecin, vous êtes à l'écoute, toujours disponible, toujours agréable..." Limite je lui tapoterai la main, genre. Docteur Chéri a l'oeil qui brille et le sourire ému. "Oh, c'est gentil ce que vous me dites, vous savez! C'est pas souvent qu'on me dit ça, des fois un médecin a besoin de l'entendre..." "oui oui, c'est ça Docteur, il faut vous ressaisir hein! Vos patients comptent sur vous!"
Docteur Chéri a l'air un peu mieux, ouf! Mission accomplie! J'en profite pour lui dire en rigolant jaune "vous savez c'est moi qui devrait vous faire payer la consult aujourd'hui!" Docteur Chéri rigole dans sa barbe en rougissant. "Oui, c'est vrai. Héhé." Il regarde le carnet de santé de Camille et voit qu'il reste le BCG à faire.
"Ah." merde, quoi encore? "Il faut faire le BCG. Je suis embêté." "Ben pourquoi?" "Ca en fait deux que je fais récemment là, et que j'ai eu beaucoup de mal à faire, du coup j'ai perdu confiance, j'ai trop peur de le refaire..." Ah ben v'la autre chose! En d'autres circonstances je lui aurai dit un truc du genre "quand on tombe de cheval il faut tout de suite se remettre en selle!" Mais en l'occurrence, il s'agit d'un vaccin et de ma fille, donc je dis juste d'une petite voix "Vous êtes sur Docteur?" "oui, vous savez il est très dur à faire ce vaccin et ça peut être très dangereux si je pique mal! Non, non, je préfère ne pas le faire."
Hé ben dis donc!

Je dois avouer pour le coup cher lecteur, que ma confiance infaillible en Docteur Chéri en a pris un coup! Mais en même temps je salue son honnêteté! Mais bon qui va me vacciner ma puce maintenant???